« Je suis footballeuse et j’ai une petite amie »

C’est ainsi que Shiho Shimoyamada a fait son coming out le 26 fevrier 2019, via un billet publié sur note.com et relayé ensuite sur son compte Twitter.

« Je savais que depuis le lycée, les hommes ne m’attiraient pas, mais ce n’est que lorsque j’ai rencontré d’autres coéquipières de football qui n’étaient pas hétéro que j’ai enfin compris que je pouvais être moi-même. »

La footballeuse de 26 ans est devenue ainsi la première athlète japonaise professionnelle à faire son coming out en étant toujours en activité. D’autres athlètes japonais ont fait leur coming out après avoir pris leur retraite dans le passé, mais l’annonce de Shimoyamada a fait d’elle la première professionnelle à le faire en étant encore active.

Shimoyamada a fait son annonce alors qu’elle jouait en Allemagne pour le club de SV Meppen. Elle avait déjà révélé à plusieurs amies et coéquipières au Japon qu’elle était gay au fil des ans, mais elle était de plus en plus frustrée d’avoir à mentir aux gens chaque fois qu’elle rentrait chez elle.

Après l’avoir dit à sa famille, dont elle a eu le soutient, elle a publié sur note.com une interview qu’elle a accordée à une ancienne connaissance de l’université de Keio, discutant de sa sexualité. Elle a également pris part à une vidéo produite par Pride House Tokyo, un projet visant à promouvoir la compréhension des problèmes LGBT avant les J.O. de Tokyo 2020.

« Il n’y a eu aucune réaction négative »

Si ses coéquipières du SV Meppen ont salué positivement la nouvelle et sont vite passées à autre chose, son annonce a généré beaucoup plus d’attention au Japon :

« Des amis ou des personnes que je connaissais m’ont envoyé des messages, ainsi que des sportifs que je ne connaissais pas qui m’ont contacté pour me dire qu’ils avaient lu l’interview et que cela leur avait donné de la force. Il n’y a eu aucune réaction négative. »

« Je voulais avant tout me faciliter la vie. Mais quand je l’ai fait, beaucoup de gens m’ont dit que ce que j’avais fait leur avait donné du courage. Quand les gens m’ont envoyé des messages, cela m’a fait réaliser à quel point il est significatif pour un athlète de faire son coming out. »

« Je voulais montrer aux gens (au Japon) que les personnes LGBT ne sont pas différentes »

Shimoyamada était sous contrat professionnel pendant 2 ans en Allemagne, mais à l’été 2019, elle décide de retourner au Japon pour jouer dans la Ligue amateur Nadeshiko avec l’équipe de deuxième division Sfida Setagaya FC. Elle tient régulièrement des réunions publiques et donne des interviews pour sensibiliser le public au Japon.

« Sans les Jeux olympiques, je pense que je serais toujours en Allemagne pour jouer professionnellement. L’attention que les Jeux olympiques génèrent est incomparable. Indirectement, cette attention se tourne sur les problèmes LGBT. Je voulais montrer aux gens (au Japon) que les personnes LGBT ne sont pas différentes. »

« Depuis que je suis de retour au Japon, je ne pense pas que mon coming out ait eu un impact négatif, pour moi ou pour le football féminin japonais dans son ensemble. »

« J’aimerais que d’autres athlètes fassent leur coming out. Mon opinion n’est représentative de toutes les personnes LGBT. Il serait certainement utile que de nombreux athlètes LGBT d’horizon différents puissent faire entendre leur voix. »

Suite aux commentaires sexistes de Yoshiro Mori, Shimoyamada a été une des rares athlètes japonaises à s’insurger et prendre la parole.

« Après les commentaires de Yoshiro Mori, les athlètes ont commencé à s’exprimer, mais en général ils ont peur de le faire parce qu’ils s’inquiètent des critiques que le club pourrait recevoir et des problèmes que cela pourrait causer aux sponsors. La ligue, les clubs et les sponsors doivent adopter des politiques pour soutenir les joueurs qui prennent position ouvertement dans ces situations. »

Sur ses attentes pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, elle espère que l’impact sera suffisamment important pour faire évoluer les mentalités sur la cause LGBT.

« Il y aura plusieurs athlètes ouvertement LGBT qui participeront aux Jeux olympiques de Tokyo. Lorsque les Japonais verront les athlètes LGBT concourir aux côtés d’athlètes qui ne sont pas LGBT, cela aura un impact important, à coup sûr. Les gens verront que les athlètes LGBT sont comme tous les autres athlètes. »

« Avec ceux qui luttent, faisons un pas en avant ensemble. J’espère que nous pourrons bientôt voir un environnement dans lequel nous pouvons tous pratiquer le sport ouvertement ».

Source : Asahi Digital Shimbun, JapanTimes
Images : @smymd125 sur Twitter

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