Scénario : un jeune lycéen nommé Yasuhiro tire, par révolte et par jalousie, sur l’un de ses professeurs en prenant comme prétexte le suicide d’un de ses camarades. Il tente alors d’échapper aux forces de l’ordre en prenant des otages.

Présentation du réalisateur : Gakuryu Ishii (aussi connu sous le nom de Sogo Ishii)

« Panique au lycée a été inspiré par un court métrage que j’avais réalisé en 1976. La Nikkatsu m’a proposé d’en faire un long métrage en m’adjoignant un co-réalisateur. J’avais 21 ans à l’époque. Mais je n’ai pas pu réaliser le film que je souhaitais à cause du producteur. J’ai beaucoup souffert dessus. Et c’est la frustration énorme que j’ai engrangée sur ce film qui m’a poussé à vouloir réaliser Crazy Thunder Road, et plus tard Burst City.

Après Panique au lycée, je me suis dit que jamais plus je ne travaillerais pour un studio. Je voulais garder le contrôle et ne faire que des films dont j’avais envie. Le personnage principal est un lycéen qui prépare son concours pour rentrer en faculté. Son manque d’aptitude dans cette matière le pousse à assassiner son prof. Dans le film on entend la phrase ‘À quoi ça sert d’être bon en maths ?’, une phrase devenue très à la mode après la sortie du film. »

Mon avis sur le film :

Sogo Ishii alors qu’il est encore étudiant fonde sa société de production, Crazy Films, et tourne « Koko Dai Panikku » son 1er court métrage à l’age de 19 ans. Réalisé en Super 8, d’une durée de 15 minutes, le film raconte l’histoire d’un lycéen qui abat son professeur de mathématique avant de prendre la fuite et de se faire traquer par la police à travers tout le lycée. Ce court métrage plait à la Nikkatsu qui décide 2 ans plus tard d’engager Sogo Ishii pour en faire un remake en Cinémascope 35 mm.

L’idée séduit tout de suite le jeune réalisateur, mais la Nikkatsu lui assigne un assistant (Yukihiro Sawada) plus âgé et expérimenté (rappelons que la moyenne des réalisateurs qui tourne leur 1er long métrage se situe plus autour de 40 ans à l’époque) qui prendra le contrôle sur quasiment tout le film. Aujourd’hui Sogo Ishii avoue qu’il ne considère plus ce film comme faisant parti de sa filmographie, n’ayant réalisé qu’environs 20 % sans avoir eu de réel contrôle sur le métrage dans son ensemble.

La différence entre le court et long métrage réside dans l’ajout d’anecdotes et d’un développement plus poussé des personnages secondaires concentré essentiellement au début du film puis également par la suite sous forme de flash-back.

Si dans l’ensemble il est vrai que le style de Sogo Ishii n’est pas vraiment perceptible on retrouve tout même pas mal de bribes comme ce côté rebelle et cette « haine » envers la société japonaise qui le pousse à faire une critique du système éducatif, selon lequel seul les maths sont importants, mais également des médias ainsi que des forces de l’ordre.

Rien n’est épargné; les établissements scolaires ne pensant qu’à garder une bonne réputation avec des professeurs poussant les élèves à bout, et dans ce cas précis jusqu’au suicide, les forces de l’ordre qui sont complètement dépassés par la situation finissant par commettre une bavure ainsi que les médias qui cherchent encore et toujours à couvrir du sensationnel en exploitant au maximum la prise d’otage.

On pourrait être tenté de comparer le film avec le triste incident qui s’est déroulé dans le lycée de Columbine aux États-Unis mais force est de constater que les raisons et motivations sont complètement différentes. On retrouve également un élément que Sogo Ishii traitera plus en profondeur dans Crazy Thunder Road à savoir la milice d’extrémiste fasciste prônant un retour de l’ordre et de l’autorité au Japon. L’arrivée de ses personnages est d’ailleurs un peu trop caricaturale et ils possèdent des traits trop exagérés ce qui donne à la scène un humour involontaire (contrairement au personnage du jogger par exemple) qui n’a du coup pas l’impact escompté.

Au niveau de la réalisation ça reste plutôt classique dans l’ensemble et à l’image de ce que faisait la Nikkatsu à l’époque même si les gros coups de zoom et la musique funky sur les plans où Shigeru Yamamoto (l’acteur principal) court fusil à la main sont bien représentatif du cinéma de Ishii.

Au niveau de l’interprétation hormis les personnages caricaturaux qui en font trop, les acteurs se débrouillent bien. Shigeru Yamamoto est plutôt bon et arrive bien à retranscrire la rage de son personnage à l’écran, mais bizarrement malgré le succès du film, cet acteur ne percera pas dans le cinéma au contraire de Atsuko Asano, son hotage, pour qui Panique au lycée fut une rampe de lancement pour sa carrière cinématographique.

Yukihiro Sawada, le co-réalisateur du film, n’est pas étranger à ce succès, car il réussit à donner une touche très sensuelle au regard étrange et perçant de la jeune comédienne que je comparerais à une sorte de Meiko Kaji junior. C’est à peine étonnant quand on sait que Sawada est un des réalisateurs pionner du roman porno (pinku), genre de prédilection de la firme Nikkatsu.

Au final le film reste tout de même agréable à voir, même s’il n’est pas exempt de défauts, la rage et l’énergie de Sogo Ishii est déjà belle et bien présente dans le film sans oublier le superbe score, plus proche de la soul que du punk pour le coup.

Source images : https://twitter.com/GakuryuIshii

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