Quand on parle du Japon, l’image du salaryman est une des premières choses qui vient à l’esprit. L’image du japonais qui travaille sans s’arrêter et qui n’a pas de congés. En réalité les congés payés existent, mais les gens ne les prennent pas. Selon une enquête sur les conditions de travail publiée par le ministère du Travail en février 2017 : les travailleurs japonais ont eu droit en moyenne à 18,1 jours de congés par an, mais n’en n’ont utilisé que 47% soit 8,8 jours.

Congé menstruel : le Japon précurseur en la matière

Le congé menstruel a été instauré au Japon en 1947 pour répondre aux préoccupations relatives aux droits du travail. Pendant au moins une décennie, les travailleuses des usines avaient obtenu un congé pour leur donner un sursis après un travail pénible et de mauvaises conditions sanitaires, tout en luttant contre les douleurs menstruelles. Après la défaite du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, le pays a inscrit le congé menstruel dans ses nouvelles lois du travail comme un droit pour toutes les employées dont les règles sont « particulièrement difficiles ».

Des congés accessibles, mais rarement utilisés

Lors de son introduction, le taux d’utilisation était relativement élevé : environ 26% en 1965. Au fil du temps, de moins en moins de femmes en ont profité et le taux est tombé à 3,3% en 1997. Une enquête du gouvernement japonais réalisée en 2014 révèle que seulement 0,9% des employées avaient demandé un congé menstruel cette année-là.

Des congés pas toujours payés

Il y a plusieurs raisons qui pourraient expliquer cela. Bien que toutes les entreprises au Japon se doivent d’accorder un congé menstruel aux femmes lorsqu’elles le demandent, elles ne sont pas tenues de les payer. De plus il arrive souvent que les entreprises communiquent peu ou pas sur le nombre de jours de congés disponibles, ce qui fait que beaucoup de femmes ne connaissent pas ce droit.

Des raisons culturelles

Le Japon reste encore aujourd’hui un pays machiste avec des écarts de rémunération entre les sexes très élevés. Les femmes ont souvent beaucoup de difficultés à monter dans la hiérarchie. Il est encore fréquent que les femmes enceintes soient poussées à la démission ou arrête de travailler après la naissance du 1er enfant. Dans ce contexte beaucoup de femmes sont découragées de prendre des congés de quelque nature que ce soit.

Un sujet sensible

Au Japon, lorsque les femmes achètent des tampons ou serviettes hygiéniques en magasin, le caissier les met dans un sac en papier marron séparé du reste des achats, comme s’il s’agissait de quelque chose qui devait être caché. Les menstruations restent un sujet sensible, il est donc difficile d’aborder la question et de demander des congés menstruels à son patron, qui est en grande majorité un homme.

Lors d’une émission qui abordait le sujet des menstruations à la TV japonaise, ils ont réalisé une enquête en demandant aux femmes, quelles étaient leurs inquiétudes en rapport avec les règles dans leur entreprise :

  • Je veux que l’entreprise prenne en considération que j’ai mes règles en ce qui concerne le contenu de mon travail (44,3%)
  • Je n’ai le temps de changer ma serviette hygiénique (44,3%)
  • Je veux qu’ils comprennent l’attitude et les actions d’une femme quand elle a ses règles. (28,6%)
  • C’est difficile de dire que j’ai mes règles. (28,6%)
  • J’ai envie qu’ils facilitent la prise de congés menstruels. (27,1%)

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