Miyazaki Hayao est probablement aujourd’hui en France, la personnalité Japonaise la plus connue du grand public de par le succès de ses œuvres universelles. Miyazaki Goro lui est beaucoup moins connu et pour cause, La Colline aux coquelicots est seulement le second film réalisé par le fils de Hayao, qui a commencé dans le domaine de l’animation assez tardivement autour de l’age de 40 ans.

Son premier film, Les Contes de Terremer (Gedo Senki) sorti en 2006 avait eu beaucoup de critiques négatives à son encontre, ce qui ne l’avait pas empêché de réaliser un nombre d’entrées conséquentes au box office Japonais. Cette fois pour La Colline aux coquelicots il collabore avec son père qui a pris part à l’écriture du scénario se basant sur un Shojo manga du début des années 80.

Si le côté Shojo de l’œuvre d’origine a complètement disparu dans le style du dessin qui est propre à Miyazaki Goro et au studio Ghibli en général, on retrouve cependant des bribes présentent dans l’histoire d’amour entre les 2 principaux protagonistes Umi et Shun.

L’histoire se déroule en 1963, dans un Japon en plein boom économique et qui s’apprête à accueillir les J.O. de Tokyo (1964). C’est important de le souligner, car contrairement aux œuvres de son père, La Colline aux coquelicots est ancré dans un contexte historique réel et bien déterminé. Dès lors là où la plupart des productions Ghibli sont « universelles », le film de Miyazaki Goro est lui beaucoup moins susceptible de plaire aux plus jeunes.

Hormis la romance entre les 2 personnages principaux, le point d’orgue du métrage est le « Quartier Latin », un bâtiment construit sur le modèle occidental dans lequel les élèves du lycée, exclusivement masculin, y exercent les activités relatives à leurs clubs (radio amateur, journal du lycée, philosophie, chimie…). Ce bâtiment rempli d’histoire est menacé de démolition car jugé trop vieux.

Dans une scène où Shun prend la parole dans un débat sur la question de la démolition du Quartier Latin, Miyazaki Goro a voulu opposer 2 visions. Celle de ceux qui veulent détruire le passé pour repartir de zéro et effacer les stigmates néfastes des souvenirs de la guerre et ceux qui comme Shun pensent qu’il ne faut pas effacer les traces du passé.

Son personnage possède d’ailleurs 2 répliques assez significatives : « Détruire l’ancien c’est faire disparaître la mémoire du passé, c’est ignorer le souvenir de ceux qui ont vécu avant nous », « Vous n’aurez pas d’avenir si vous reniez le passé ! ». Le fameux cliché du Japon « entre tradition et modernité » qui n’en n’est pas moins vrai, est né dans ces années-là

L’autre bâtiment important est la « Villa aux Coquelicots », l’ancienne clinique transformée en pension de famille dans laquelle vit Umi et sa famille, habitée exclusivement par des femmes hormis le petit dernier Riku. À l’image du couple naissant entre Shun et Umi, hommes et femmes vont s’allier et s’entraider pour nettoyer et faire revivre le « Quartier Latin ».

Au niveau technique le thème musical assuré par Teshima Aoi, qui était déjà l’interprète du thème des Contes de Terremer est encore une fois très onirique et enivrant. On retrouve également plusieurs chansons japonaises traditionnelles typiques de cette époque interprétées par les lycéens tout au long du film. Le dessin est très soigné et les arrières plans fourmillent de petits détails comme en témoigne les passages dans le « Quartier Latin ». On remarquera d’ailleurs à la fin du film le petit clin d’œil sur la coque du bateau qui se nomme le « Ghibli Boat ».

Au final La Colline aux coquelicots est donc avant tout un film représentatif d’une époque bien particulière que ce soit à travers ses thèmes abordés ou les sentiments et l’état d’esprit des personnages. Dès lors, ça en fait un métrage plus adulte, moins susceptible de plaire à un public plus jeune que les productions habituelles du studio.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici